Main-Chain

Première Blockchain en Opex

Main-Chain est une blockchain : autrement dit, une sorte de cadastre ou registre notarial électronique. La technologie garantit la sécurité des informations : une fois écrites, on ne peut plus les modifier mais les lire à volonté.


La SIMMT (Structure Intégrée du Maintien en condition opérationnelle des Matériels Terrestres) est le service de maintenance de l’armée de terre.  Elle s’intéresse logiquement à la fabrication additive, notamment pour les rechanges en opérations extérieures (OPEX). 

En effet, les unités militaires françaises sont engagées à plusieurs milliers de kilomètres de la métropole, dans des endroits où la chaîne logistique est extrêmement longue.  Ainsi, pour des petites pièces, bien des matériels sont immobilisés longuement le temps que la pièce manquante soit acheminée de métropole.

Cet enjeu soulève certaines problématiques : 

Comment organiser la circulation de l’information non seulement entre l’opérateur sur le terrain, la SIMMT en niveau central et les industriels, mais aussi leurs sous-traitants ?

Comment sécuriser l’ensemble des transactions ?

Après avoir diagnostiqué avec la SIMMT le nouveau processus mis en place mais aussi la nécessité de repenser le modèle économique qui lui était associé, VISTORY a proposé d’utiliser une blockchain qui relierait l’ensemble des acteurs : l’opérateur sur le terrain, la BSMAT de Tulle, la Direction centrale de la SIMMT, le fabricant d’imprimantes (PRODWAYS) et les industriels qui fabriquent à l’origine les pièces de rechange et fournissent les fichiers 3D conçus par ordinateur.

Il y a donc plusieurs acteurs, aux intérêts divergents et ayant une difficulté à partager de l’information, d’autant que celle-ci recouvre des questions de propriété intellectuelle mais aussi de rémunération associée.

Ainsi, la SIMMT décide de lancer un prototype (POC : preuve de concept) à compter de janvier. Il associerait l’ensemble des intervenants, de façon à être déployé en février au plus tard pour avoir les premiers retours d’expérience dès avril.

C’est le projet Main-Chain.

Main-Chain est une blockchain : autrement dit, une sorte de cadastre ou registre notarial électronique. La technologie garantit la sécurité des informations : une fois écrites, on ne peut plus les modifier mais les lire à volonté.

Surtout, il n’y a pas de notaire ou de banque centrale : chaque membre du consortium dispose des mêmes serveurs que les autres et toute information écrite une fois l’est sur tous les autres serveurs.

Ainsi, chacun a la garantie de voir exactement la même information que les autres et il est sûr que celle-ci est inaltérable. La blockchain utilisée par Vistory est bâtie sur une base Ethereum, permettant donc des smart contracts (microprogrammes exécutant automatiquement des conditions définies en amont).

 

 

Une telle expérimentation ouvre la porte à deux développements futurs.

Le premier vise à élargir le périmètre de l’expérimentation : augmentation du nombre de pièces fabriquées, augmentation du nombre de théâtres, augmentation du nombre d’industriels, inclusion de sous-traitants. Ainsi, afin de préparer l’industrialisation future, il conviendra de vérifier sur des échantillons plus larges la viabilité du modèle.

Cette industrialisation constitue le deuxième défi : elle recouvre une dimension technique (notamment celle de la technologie cloud utilisée) et une dimension contractuelle (comment inclure dès la signature de marché des clauses de fabrication additive dans le cycle des pièces de rechange). Cela sera valable aussi bien pour les opérations extérieures que pour la maintenance en service courant, en métropole.